Brève — Audience au ministère : Action & Démocratie rappelle l’urgence d’un véritable dialogue social

Lors de l’audience du 29 janvier 2026 au ministère de l’Éducation nationale, Action & Démocratie a réaffirmé ses exigences : respect des personnels, amélioration des conditions de travail, transparence des décisions et fin des réformes imposées sans concertation.

Face à une administration qui communique sur des chiffres flatteurs — notamment la hausse des inscriptions aux concours — notre organisation rappelle que la crise du recrutement, la surcharge administrative et la dégradation du métier restent intactes.

Lire le compte rendu complet :

https://actionetdemocratie.com/audience-cabinet-ministre-education-29-janvier-2026/

 

Concours 2026 : des inscriptions en hausse, mais l’attractivité du métier reste en crise

Le ministère met en avant une forte hausse des inscriptions aux concours enseignants 2026. Mais pour Action & Démocratie, cette communication masque l’essentiel : la crise du recrutement demeure profonde, et les chiffres sont largement gonflés par les double inscriptions bac+3 / bac+5.
L’attractivité du métier ne se mesure pas au nombre de formulaires remplis, mais à la capacité du système à recruter, former et fidéliser des enseignants dans des conditions dignes.

Rennes : une hausse réelle, mais des besoins toujours non couverts

L’académie de Rennes affiche une progression notable au CRPE, supérieure à la moyenne nationale.
Mais cette dynamique ne suffit pas à compenser les difficultés persistantes : manque de remplaçants, tensions dans plusieurs disciplines, conditions de travail dégradées, injonctions contradictoires et surcharge administrative.

Action & Démocratie rappelle que seule une politique ambitieuse pour les personnels permettra de sortir durablement de la crise.

Les chiffres : Académie de Rennes (2026)

ACADÉMIE DE RENNES — CHIFFRES CLÉS

1er degré — CRPE
• 3 797 inscrits (+103,5 %)
   → 2 076 candidats au concours bac+3
   → 1 721 candidats au concours bac+5

Contexte local
• Hausse réelle mais vivier fragile
• Remplacements toujours insuffisants
• Disciplines en tension dans le 2nd degré
• Conditions d’exercice dégradées

Lecture syndicale
• Les chiffres d’inscription ne reflètent pas
  l’attractivité réelle du métier
• Les multi-inscriptions gonflent artificiellement les totaux

Ce que défend Action & Démocratie

  • Revalorisation salariale réelle, pas des primes ponctuelles
  • Formation stabilisée, lisible et cohérente
  • Conditions de travail respectueuses, avec des moyens pour l’inclusion et le remplacement
  • Dialogue social authentique, loin des décisions imposées
  • Attractivité durable, fondée sur la confiance et la reconnaissance des personnels

Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle prévoyance des agents publics

La réforme de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) marque une évolution majeure pour les agents de la fonction publique. À partir du 1er mai 2026, une nouvelle prévoyance collective, cofinancée par l’État, sera mise en place pour renforcer la protection des personnels face aux aléas de la vie professionnelle : arrêt de travail, invalidité, incapacité ou décès.

La PSC : une prévoyance collective et cofinancée

La PSC introduit un dispositif inédit :

  • une participation financière de l’employeur (7 € par mois),
  • un contrat collectif national,
  • une adhésion facultative, mais fortement encouragée pour sécuriser son revenu en cas d’imprévu.

Ce contrat vise à réduire les pertes de revenus lors d’un arrêt de travail prolongé et à offrir une couverture plus homogène à l’ensemble des agents.

Le rôle de la MGEN dans la réforme

La MGEN fait partie du groupement officiellement retenu pour gérer la future prévoyance PSC.

Cependant, il est important de distinguer deux offres :

1. La prévoyance MGEN actuelle (individuelle)

  • Déjà disponible à la souscription.
  • Fonctionne indépendamment de la réforme PSC.
  • Peut être conservée jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau dispositif, selon les situations.

2. La prévoyance PSC (nouvelle, collective)

  • Entrée en vigueur : 1er mai 2026.
  • Modalités d’adhésion encore en attente de publication.
  • Garanties harmonisées au niveau national.
  • Participation employeur intégrée.

Pour l’instant, la MGEN continue de proposer son contrat individuel, tandis que le contrat PSC n’est pas encore ouvert à l’adhésion. Les agents devront donc patienter avant de pouvoir s’y inscrire.

Pourquoi cette transition est importante ?

La PSC représente une avancée significative pour les agents publics :

  • meilleure protection financière en cas d’arrêt de travail,
  • couverture plus équitable entre les personnels,
  • coût réduit grâce à la participation employeur.

Pour les adhérents MGEN, cette réforme implique d’anticiper la transition entre l’offre actuelle et la future prévoyance PSC, afin d’éviter toute période sans couverture.

Sources :

  • Ministère de la Fonction publique : fonction-publique.gouv.fr – Page dédiée PSC avec FAQ.
  • MGEN : mgen.fr – Détails sur leur rôle et distinction des offres.
  • Décret officiel : Légifrance (recherche « décret PSC 2024 »).

Rentrée 2026 : La carte de l’austérité dévoilée, le classement des académies les plus touchées

Le verdict du CSAMEN (Comité Social d’Administration du Ministère de l’Éducation Nationale) de ce lundi 26 janvier 2026 est sans appel. Confirmant les craintes des organisations syndicales, le Ministère a acté la suppression de 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée prochaine.

Justifiant ces coupes par une baisse démographique (107 601 élèves de moins dans le premier degré et 29 101 dans le second) , le ministère poursuit une logique comptable que les syndicats qualifient de « sinistre » et de « coup de massue ».

Action & Démocratie vous propose une analyse détaillée des pertes, classées par pourcentage pour mesurer l’impact réel sur chaque territoire.

1er Degré : L’hémorragie continue (- 2 229 postes)

Alors que la baisse démographique aurait pu permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage, le ministère reprend 2 229 postes. Seules Mayotte et la Martinique (+17 postes pour cette dernière selon le texte d’intro, mais -17 dans le tableau, une incohérence du ministère ?) tirent leur épingle du jeu ou limitent la casse.

Classement des académies par perte d’effectifs (en %) :

L’académie de Reims est la plus durement touchée proportionnellement.

Rang Académie Variation (Postes) Évolution (%)
1 Reims -106 -1,56 %
2 Nancy-Metz -160 -1,43 %
3 Poitiers -110 -1,42 %
4 Lille -265 -1,28 %
5 Paris -90 -1,27 %
6 Dijon -95 -1,24 %
7 Nantes -151 -1,10 %
8 Besançon -62 -1,07 %
9 Normandie -153 -0,96 %
10 Clermont-Ferrand -55 -0,94 %
11 Amiens -95 -0,92 %
12 Rennes -97 -0,91 %
13 Lyon -139 -0,86 %
14 Toulouse -110 -0,81 %
15 Orléans-Tours -99 -0,80 %
16 Limoges -25 -0,78 %
17 Corse -12 -0,77 %
18 Bordeaux -115 -0,77 %
19 Martinique -17 -0,72 %
20 Montpellier -89 -0,65 %
21 Strasbourg -60 -0,65 %
22 Guadeloupe -17 -0,62 %
23 Grenoble -99 -0,62 %
24 Versailles -170 -0,52 %
25 Créteil -140 -0,49 %
26 La Réunion -25 -0,36 %
27 Aix-Marseille -50 -0,33 %
28 Nice -10 -0,10 %
29 Guyane +41 +1,20 %
30 Mayotte +80 +1,92 %

2nd Degré : Collèges et Lycées sacrifiés (- 1 803 postes)

Le « Choc des savoirs » et les réformes successives n’auront pas suffi à sanctuariser les moyens. 1 803 postes (ETP) disparaissent. Le classement en pourcentage révèle que les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique) et de l’Ouest (Poitiers, Limoges, Rennes) payent le plus lourd tribut.

Classement des académies par perte d’effectifs (en %) :

Rennes se classe 6ème académie la plus impactée de France.

Rang Académie Variation (Postes) Évolution (%)
1 Guadeloupe -84 -2,41 %
2 Martinique -65 -2,37 %
3 Poitiers -125 -1,30 %
4 Limoges -52 -1,26 %
5 Paris -134 -1,23 %
6 Rennes -153 -1,11 %
7 Besançon -70 -1,01 %
8 Dijon -90 -1,01 %
9 Reims -66 -0,86 %
10 Nancy-Metz -114 -0,83 %
11 Normandie -150 -0,80 %
12 Lille -190 -0,79 %
13 Orléans-Tours -116 -0,78 %
14 Clermont-Ferrand -55 -0,77 %
15 La Réunion -65 -0,77 %
16 Corse -14 -0,76 %
17 Bordeaux -140 -0,75 %
18 Nantes -120 -0,74 %
19 Toulouse -103 -0,61 %
20 Amiens -70 -0,59 %
21 Montpellier -90 -0,56 %
22 Guyane -15 -0,44 %
23 Grenoble -80 -0,43 %
24 Aix-Marseille -50 -0,29 %
25 Strasbourg -25 -0,22 %
26 Nice +5 +0,04 %
27 Versailles +65 +0,18 %
28 Lyon +50 +0,28 %
29 Créteil +135 +0,44 %
30 Mayotte +70 +1,91 %

 

Portable au Lycée : Une interdiction « à la carte » votée pour la rentrée 2026

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, ce lundi 26 janvier 2026, l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. Mesure phare de la loi visant à protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, ce texte introduit une subtilité de taille : l’obligation de créer une « zone autorisée » dans la cour.

Voici ce qui va changer concrètement pour les établissements :

1. Le principe : Interdiction sauf exceptions

À compter de la rentrée 2026, le portable sera interdit dans l’enceinte des lycées, une mesure déjà en vigueur au collège. L’interdiction s’applique :

  • Pendant les cours (sauf usage pédagogique à la demande de l’enseignant). 
  • Dans les couloirs et les espaces de circulation.

L’exception « Étudiants » : Les étudiants scolarisés dans les lycées (BTS, CPGE) ne sont pas concernés par cette interdiction. En revanche, l’amendement visant à autoriser le portable pour les élèves majeurs du secondaire a été rejeté.

2. La nouveauté : Une « zone » d’utilisation obligatoire

Contre l’avis du gouvernement, les députés ont voté un amendement imposant aux établissements de définir une « zone » dans la cour de récréation où le portable reste autorisé.

  • L’objectif : Éviter que les élèves ne sortent de l’établissement pour consulter leur téléphone (enjeu de sécurité) et leur permettre de consulter l’ENT (emploi du temps, communications) sur le temps scolaire.

3. Pas de casiers, mais appel à la « responsabilité »

Sur le plan pratique, le Ministre Édouard Geffray a écarté l’idée d’équipements coûteux. Il n’y aura pas d’obligation d’installer des boîtes de dépôt à l’entrée ou des pochettes anti-ondes. Le ministère mise sur la « responsabilité » des lycéens, capables de laisser le téléphone éteint dans le sac. L’objectif affiché est de créer un espace de déconnexion pour favoriser les échanges directs entre élèves.

4. Le contexte : Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans

Cette mesure s’inscrit dans un texte plus large qui interdit l’accès aux réseaux sociaux (TikTok, Instagram, etc.) aux moins de 15 ans, sauf exceptions comme les messageries privées, avec une entrée en vigueur prévue au 1er septembre 2026.

Le point de vue syndical :

Ce texte renvoie une nouvelle fois la responsabilité de la mise en œuvre aux équipes locales. Les Conseils d’Administration devront modifier les Règlements Intérieurs pour définir cette fameuse « zone » dans la cour, ce qui promet de nouveaux débats sur la surveillance et la délimitation de ces espaces.