L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, ce lundi 26 janvier 2026, l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. Mesure phare de la loi visant à protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, ce texte introduit une subtilité de taille : l’obligation de créer une « zone autorisée » dans la cour.
Voici ce qui va changer concrètement pour les établissements :
1. Le principe : Interdiction sauf exceptions
À compter de la rentrée 2026, le portable sera interdit dans l’enceinte des lycées, une mesure déjà en vigueur au collège. L’interdiction s’applique :
- Pendant les cours (sauf usage pédagogique à la demande de l’enseignant).
- Dans les couloirs et les espaces de circulation.
L’exception « Étudiants » : Les étudiants scolarisés dans les lycées (BTS, CPGE) ne sont pas concernés par cette interdiction. En revanche, l’amendement visant à autoriser le portable pour les élèves majeurs du secondaire a été rejeté.
2. La nouveauté : Une « zone » d’utilisation obligatoire
Contre l’avis du gouvernement, les députés ont voté un amendement imposant aux établissements de définir une « zone » dans la cour de récréation où le portable reste autorisé.
- L’objectif : Éviter que les élèves ne sortent de l’établissement pour consulter leur téléphone (enjeu de sécurité) et leur permettre de consulter l’ENT (emploi du temps, communications) sur le temps scolaire.
3. Pas de casiers, mais appel à la « responsabilité »
Sur le plan pratique, le Ministre Édouard Geffray a écarté l’idée d’équipements coûteux. Il n’y aura pas d’obligation d’installer des boîtes de dépôt à l’entrée ou des pochettes anti-ondes. Le ministère mise sur la « responsabilité » des lycéens, capables de laisser le téléphone éteint dans le sac. L’objectif affiché est de créer un espace de déconnexion pour favoriser les échanges directs entre élèves.
4. Le contexte : Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans
Cette mesure s’inscrit dans un texte plus large qui interdit l’accès aux réseaux sociaux (TikTok, Instagram, etc.) aux moins de 15 ans, sauf exceptions comme les messageries privées, avec une entrée en vigueur prévue au 1er septembre 2026.
Le point de vue syndical :
Ce texte renvoie une nouvelle fois la responsabilité de la mise en œuvre aux équipes locales. Les Conseils d’Administration devront modifier les Règlements Intérieurs pour définir cette fameuse « zone » dans la cour, ce qui promet de nouveaux débats sur la surveillance et la délimitation de ces espaces.
